Education Pour Tous en Afrique : Repères pour l’Action 

Cinq ans ont passé depuis le Forum mondial de Dakar d’avril 2000 au cours duquel la communauté internationale s’est engagée sur six grands objectifs d’éducation pour tous avec un horizon étendu à 2015. Tirant les leçons du peu de progrès réalisé depuis la précédente conférence de JomTien, dix ans plus tôt, le forum de Dakar a proposé une nouvelle donne de solidarité et de responsabilité au niveau mondial : les pays ayant pris des « engagements sérieux » et présentant un « plan crédible » pour la réalisation des objectifs d’Education Pour Tous seraient soutenus par les bailleurs de fonds dans leur effort pour la part de financement qui manquerait à l’appel au niveau national.

Cet engagement fort a été renforcé par la reprise de deux des objectifs de Dakar (celui de parité entre garçons et filles dans l’accès à l’éducation – en 2005 pour les cycles primaire et secondaire, et en 2015 pour tous les niveaux d’éducation -, et celui de scolarisation primaire universelle d’ici 2015) parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés lors de la Conférence des Nations Unies de New-York en septembre 2000.

Dakar a-t-il vraiment changé la donne par rapport à JomTien ? Les anniversaires des cinq ans du Forum de Dakar et de la Déclaration du Millénaire sont sans doute la première étape offrant suffisamment de recul pour faire un premier bilan. La place de l’éducation sur l’agenda international s’est-elle maintenue ? Les arguments et la conviction autour des objectifs d’Education Pour Tous ont-ils été modifiés, renforcés ? Les dernières données disponibles permettent-elles de mesurer des progrès accomplis sur le continent africain ? Où en est-on notamment par rapport à l’atteinte de l’objectif du millénaire de scolarisation primaire universelle ? Quels ont été les choix de politique ? Où sont les points de progrès, où subsistent les faiblesses ? Quelles sont les marges de manœuvre ? Quelles sont les pistes pour une meilleure efficacité et pour toujours plus de solidarité ?

C’est à cette série de questions que le présent rapport régional1, produit par l’équipe d’analyse sectorielle en éducation (Pôle de Dakar) de l’UNESCO-BREDA, ambitionne d’apporter quelques éléments de réponse, sous forme de « repères pour l’action ». L’analyse, empirique, se fonde sur un large éventail de sources : données administratives et scolaires nationales collectées par l’Institut de Statistiques de l’UNESCO, enquêtes de ménages conduites par les pays avec l’appui de l’UNICEF, enquêtes variées sur les acquisitions scolaires (qualité de l’éducation), données démographiques des Nations Unies, récents travaux de recherche en économie de l’éducation… Ainsi, le rapport, s’il est en première instance destiné aux responsables et cadres des pays africains, dans le sens où il s’efforce de leur fournir des informations, outils méthodologiques et analyses pour aider à la décision en matière d’éducation, pourra également intéresser les conseillers en éducation des agences bi et multilatérales de développement, dans les sièges comme sur le terrain, en leur proposant l’étude comparative qui manque parfois au niveau national, ou encore les ONG et autres organisations de la société civile qui développent à leur échelle d’autres analyses, et enfin tout lecteur intéressé par la question de l’éducation en Afrique et de la recherche des meilleurs choix d’objectifs, de dispositifs et de moyens. 

 

Trois types de « repères » jalonnent le document : Les repères quant aux bénéfices attendus de l’éducation : la place éminente occupée par les objectifs d’éducation dans les engagements politiques des pays africains comme dans ceux de la communauté internationale n’est pas acquise une fois pour toutes. Pour maintenir ce haut degré de mobilisation, il n’est pas inutile de rappeler pourquoi ce choix est justifié, et plus précisément pourquoi les objectifs d’Education Pour Tous sont cruciaux dans les pays les plus pauvres. Et les arguments sont aujourd’hui à la fois plus nombreux et plus précis qui font de l’éducation le socle du développement économique et social en Afrique. Les repères sur les dynamiques de scolarisation : la première pierre re-posée, il convient de regarder dans quelle mesure, au sens plein, cette importance accordée à l’éducation se traduit par un développement harmonieux du système éducatif. 

 C’est à cette fin qu’est dressé un état des lieux des scolarisations en Afrique et des tendances qui se dessinent, à partir des chiffres les plus récents disponibles2, notamment au regard de l’atteinte de la Scolarisation Primaire Universelle (SPU) à l’horizon 2015. Les repères sur les marges de manœuvre politique enfin : puisque les niveaux et tendances actuels ne suffiront visiblement pas à atteindre la Scolarisation Primaire Universelle dans tous les pays à l’horizon 2015, il s’agit d’identifier les facteurs clés de succès pour un développement à la fois massif et harmonieux des systèmes éducatifs, à savoir les options et priorités pour les politiques publiques africaines en matière d’éducation. A grands traits, le présent résumé exécutif expose le contenu de ces « repères ».

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