Etat des lieux et dynamiques des systèmes éducatifs : Des évolutions différenciées selon les cycles

Des progrès sur le primaire encore loin d’être décisifs.
En 1990/91, encore près d’un quart des enfants africains n’avaient même pas accès à la première année de l’école primaire. Les derniers chiffres disponibles de manière comparative (2002/03) montrent que ces exclus du premier accès sont aujourd’hui moins de 10%. Les pays africains ont donc administré la preuve que l’offre scolaire pouvait rattraper une démographie dont la pression reste importante.

Mais l’Objectif du Millénaire, en ligne avec ce qui apparaît des données empiriques sur les bénéfices de la scolarisation, est bien celui d’une scolarisation primaire complète pour tous, et de ce point de vue là, le bilan est beaucoup plus nuancé. En 1990/91, moins de la moitié (49%) d’une génération d’enfants bénéficiait d’une scolarisation jusqu’en dernière année du primaire. En 2002/03, cette proportion n’a progressé que de 10 points (59%). 4 enfants sur 10 ne terminent toujours pas l’école primaire en 2002/03. Ce résultat montre une fois de plus que si l’objectif de la SPU doit encore passer par une amélioration de l’accès en première année dans certains pays, les efforts doivent être essentiellement orientés sur la diminution des abandons d’élèves en cours de cycle.

Notons que ces évolutions moyennes recouvrent des disparités fortes. Entre garçons et filles, les disparités s’estompent encore trop progressivement : pour 100 garçons achevant le cycle primaire, seules 87 filles sont dans la même situation dans les 42 pays observés. Sans disposer de données pour 2005, il est fort probable que l’objectif de parité ne sera pas atteint à temps.

Mais l’analyse fait apparaître que plus que les différences entre garçons et filles, ce sont les disparités d’ordre géographique (zone rurale / zone urbaine) ou économique (enfant issus de foyers à faible revenu / foyers riches) qui sont les plus fortes, et dont la réduction est la plus lente.

Du point de vue de la qualité, le problème est la rareté des données comparatives dans le temps. Le rapport propose cependant, sur la base des programmes d’évaluation des acquis des élèves existants et sur celle des enquêtes ménages, quelques éléments qui indiquent une très grande disparité des performances entre les pays comme à l’intérieur de chacun d’eux.

Les autres cycles et ordres d’enseignement : une très forte progression des effectifs Actuellement, 46% des jeunes d’une classe d’âge sont inscrits en première année du collège (contre 28% en 1990/91), 39% (contre 21% en 1990/91) en dernière année du lycée.

L’enseignement au collège, qu’il soit mesuré à l’entrée ou à la sortie, a donc gagné 18 points de pourcentage dans la période, soit quasiment le double des progrès enregistrés pour l’achèvement du primaire.

Le maintien dans le système est globalement assez bon dans les deux cycles du secondaire. Au collège, le pseudo taux d’abandon4 s’établit à 15%. Au lycée, dans les conditions actuelles de scolarisation, 22% des jeunes d’une classe d’âge accèdent en première année du lycée et 18% en dernière année, soit un pseudo taux d’abandon de 4%.

La part des élèves suivant un enseignement technique ou professionnel parmi l’ensemble du secondaire n’a pas vraiment varié depuis 1990/91 (14% en 2002/03 contre 13% en 1990/91). Cela signifie que la progression des effectifs du technique/professionnel a suivi celle de l’enseignement général. La palme de la progression des effectifs, en proportion, revient cependant au supérieur. Le nombre d’étudiants pour 100 000 habitants est en effet passé de 232 à 449 entre 1990/91 et 2002/03.

Des arbitrages défavorables au cycle primaire et une dégradation de l’efficacité globale des systèmes entre 1990/91 et 2002/03 Les effectifs du secondaire (premier et deuxième cycle) et du supérieur ont proportionnellement plus progressé que ceux du primaire sur la période 1990/91 – 2002/03, et cette tendance s’est amplifiée dans les dernières années, y compris après le Forum de Dakar. C’est un résultat qui va à l’encontre d’une opinion couramment répandue selon laquelle les cycles post-primaire auraient été sacrifiés par un accent exclusif mis sur le primaire. C’est une des surprises apparues au cours de l’analyse, qui remet en question la réalité de la priorité politique affichée pour le primaire, et relativise les appels à s’intéresser « enfin » aux cycles post-primaire. Mais l’étonnement est moindre quand l’on mesure la forte pression exercée pour la continuation des études de la part de la majorité déjà scolarisée, relativement à la faible pression exercée par les déscolarisés, qui appartiennent aux segments les plus pauvres de la population. 

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